Dispositifs-mondes
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Ensemble d'installations sonores et interactives - Les Tanneries, centre d'art contemporain, 2026
Protocole: Objets sonores interactifs mêlant achitectures, céramiques (oeuvres prêtées par l'artiste David Munoz) et électronique.

Dispositifs-Mondes se déploie comme une fiction incarnée, un organisme composite et cybernétique, où les oeuvres ne se donnent jamais comme des formes closes mais comme des systèmes ouverts, autorégulés et en transformation constante.
Chaque dispositif fonctionne selon des logiques de flux, de rétroaction et d’interdépendance, intégrant l’environnement, les corps et les actions humaines comme des paramètres actifs de l’oeuvre. L’exposition propose une traversée : celle d’un monde divisé en structures, en flux, en organes, où chaque élément sonore, plastique, filmique ou dessiné participe d’un même corps narratif. Dans la Grande Verrière, six dispositifs-mondes occupent l’espace.
Ils forment un archipel de sculptures sonores, conçu comme un corps fragmenté et systémique. Les dispositifs se distribuent selon une cartographie organique, liée à la consommation et à la digestion des f lux, à l’interface entre instinct et mémoire, à la structuration de la circulation de l’information, aux régimes du regard et de la surveillance, ainsi qu’au pouvoir et à la décision. Chaque dispositif fonctionne comme une entité autonome tout en demeurant interdépendante des autres. Sons, vibrations, flux d’air et signaux circulent d’un module à l’autre, dessinant une polyphonie évolutive.
Cette circulation met en relation des formes organiques et des architectures, faisant dialoguer le vivant avec les structures qui l’organisent autant qu’elles le contraignent. L’ensemble se maintient dans un équilibre instable, sensible aux variations de l’environnement et aux présences humaines, et esquisse un paysage dystopique dans lequel architecture, corps et technologie coexistent dans un rapport constant de coopération et de tension.
Les dispositifs accueillent en leur sein des oeuvres prêtées par l’artiste plasticien David Munoz, des céramiques réalisées selon les techniques du Raku et du Pit Fire. Leurs surfaces craquelées, marquées par le feu et l’accident, introduisent une temporalité organique et instable. Le minéral dialogue ici avec l’électronique, la matière avec la vibration.
Dans ces sculptures sonores, un corps se dessine. Le son y est contenu, modulé et amplifié par des volumes qui évoquent des organes. Les dispositifs, à la fois autonomes et interconnectés, composent un réseau d’interdépendances au sein duquel circulent flux, signaux et vibrations. L’ensemble génère une polyphonie en transformation continue, sensible aux interactions et aux présences. Le visiteur y devient un paramètre actif, participant à l’équilibre mouvant de cet écosystème.



















































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